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Michel Letissier, ARIA

Mémoire Visuelle, Bernard Talmon

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Crécy-la-Chapelle et ses Peintres

 

 

ALTMANN : un nom … Alexandre et Gérard : deux peintres

 

Un nom, deux peintres. Passé, présent. Alexandre Altmann - Gérard Altmann.                      

Pour Crécy-la-Chapelle, lors d’une exposition en octobre 2003, de nouveaux liens se sont noués avec le passé prestigieux de notre cité, son histoire culturelle. Car à Crécy-la-Chapelle , on retrouve des écrivains et peintres célèbres : Corot qui a travaillé dans une des 25 tours de la ville, Derain, Dunoyer de Segonzac, Toulouse-Lautrec qui retrouvait ses amis au restaurant du Souterrain. Une rue porte le nom d’Alexandre Altmann.


Cet événement a permis de rapprocher le grand-père : Alexandre et le petit-fils Gérard, tous deux d’un immense talent.

 

Alexandre                                                               Gérard         

                         

Alexandre Altmann est né en 1878 dans le petit village de Sobolevoska, prés de Kiev en Ukraine..

Il fuit les pogroms de 1905 avec Clara son épouse et leurs deux enfants Armand et Michel. Ils s’installent à Paris, dans le quartier de Vaugirard, près de la Ruche où se retrouvent les artistes immigrés d’Europe de l’Est, pour lesquels Paris est un lieu de liberté et de création.

 

Sur la rive gauche de la Seine, la Ruche comme l’a été le Bateau-Lavoir à Montmartre, est ce réservoir d’artistes où les mouvements du XXe siècle vont s’épanouir, cubisme avec Picasso, Braque, Juan Gris ; fauvisme avec Derain, expressionisme naissant. Ils partagent une vie riche en passions créatrices, en amitiés.

 

« Alexandre Altmann vers 1910 » 

Alexandre connaît, dés 1910, un certain succès après l’exposition du tableau L’inondation de Paris. Le Baron de Rothschild lui achète une toile alors qu’il est dans le besoin. Puis, de nombreuses commandes publiques lui sont faites par le Ministère des Affaires étrangères, le Palais du Luxembourg…

Il fréquente l’Académie Julian, l’atelier de Bouguereau, peintre officiel des salons.

 

La critique l’apprécie. Guillaume Apollinaire s’arrête sur son travail dès 1911 :

« Alexandre Altmann. Grande sincérité dans ses paysages. Une gelée blanche exécutée largement » ou bien « Paysagiste dont l’œil est excellent, et qui sait rendre la nature dans toute sa variété. »

Si Chagall n’a pas cessé de peindre les musiciens et les figures traditionnelles de sa Russie natale, Alexandre, lui, jouait du violon dans la rue et de sa belle voix de soprano, se laissait aller à chanter les Bateliers de la Volga.

Il fait de nombreux séjours dans la région de Saint-Jean-de-Luz où il expose. A Ascain, il fait la décoration de l’hôtel de la Rhune : grands panneaux décoratifs où il peint la nature, le vent dans les tamaris, la lumière, la mer et les rochers de la côte basque.

 

Alexandre Altmann expose chez Bernheim-Jeune en 1920, à la maison de l’Amérique Latine, au Salon des Tuileries en 1923 avec Vlaminck et Zadkine et en 1925 boulevard Malesherbes , des paysages de Crécy-en-Brie,.

La même année il expose à l’Hôtel des Familles de Crécy-en-Brie. Est-ce à cette occasion, que séduit, par les paysages du Grand Morin, il décide de s’y installer avec Simone Lafite-Dupont, sa seconde épouse, d’origine bordelaise ?

 

« Nadia enfant » 

Sa fille, Nadia, devenue chanteuse sous le nom de Tohama, est née à Neuilly en 1920. Elle passe une partie de son enfance à Crécy, 3 rue Dam’ Gilles. Elle fut la compagne de jeu de Créçois qui, pour certains, se sont remémorés, avec attendrissement, cette partie de leur enfance, lors de l’exposition d’octobre 2003. À la mort d’Alexandre, Nadia s’installe à Bruxelles dans la famille de sa mère.

 

L’exposition a été l’occasion de retrouver des amis d’Alexandre, des collectionneurs de ses toiles, ceux à qui il offrait un tableau en échanges de services.

Elle a permis à celui qui a fait l’acquisition de sa bibliothèque en 1932 de se manifester. Il possédait une série de livres reliés en velin, dont certains lui sont dédicacés. « Alexandre Altmann avait du goût », nous dit malicieusement cet amateur éclairé de 90 ans.

Des Créçois ont eu des dessins d’Alexandre, malheureusement  perdus ou volés, lors de l’éxode en 1940.

Monsieur Rigoni, chauffagiste, a racheté la première voiture d’Alexandre. Des Créçoises ont posé pour Alexandre.


Une carte postale de l’Hôtel des Familles - Bassigny propriétaire - représente 5 de ses peintures.

Madame Jouan a conservé des photographies de la salle des fêtes décorée de panoramiques d’Alexandre, probablement sa dernière œuvre, une magnifique forêt de couleurs digne du Bois d’amour d’Emile Bernard.

 

Le 20 juin 1932, après l’exposition à la salle des fêtes, Alexandre Altmann a reçu de la Ville de Crécy-en-Brie la somme de 1500 francs pour l’acquisition du tableau Les lavoirs, placé au musée de la ville.

Le 1er octobre 1927, Alexandre Altmann, chevalier de la Légion d’honneur, a légué par acte officiel à la ville de Crécy-en-Brie, pour la création d’un musée, 27 tableaux dont 7 signés par lui, à la condition formelle que la commune ne puisse en aucun cas « les vendre ni aliéner ».

 

Il est enterré religieusement en l’église Saint-Georges de Crécy-en-Brie le 17 septembre 1932 et inhumé dans l’ancien cimetière. Son éloge funèbre a été prononcé par Henri Naret, maire de Crécy-en-Brie, grand-père de Monsieur Poiret .

 

Gérard Altmann est né en 1923 à Paris. Il est le fils d’Armand Altmann, architecte, graveur.

Petit-fils d’Alexandre, son ascendance semble le prédisposer aux arts. Il rencontre de nombreux artistes dans l’environnement paternel. Il fut très proche de sa mère, puis de sa grand-mère Clara, avec laquelle il vécut un temps à Vanves. Ses études et ses cours de dessin sont interrompus par la guerre.

Il obtient de la mairie et du curé de Crécy-en-Brie des papiers  qui lui donnent une relative sécurité.

Après la guerre, il fréquente le Dôme, où se réunissent les artistes, et l’atelier de la grande Chaumière. Il travaille dans les foires-expositions, fabrique des marionnettes pour des spectacles, fait des décors de théâtre, partage projets et amitié avec Eric Satie, Gérard Blain, le peintre Yankel, Michel de Ré, le physicien Georges Charpak, qui parle de leur relation dans sa biographie « A fil tendu ».

 

En 1952, Gérard Altmann s’installe à Tourette-sur-Loup, près de St-Paul-de-Vence, où il expose à la galerie Chave.

En 1957, il revient à Paris, où il s’installe définitivement, aux abords du Parc Montsouris, puis sur la Montagne Sainte-Geneviève.

 

Les expositions se succèdent, en Belgique, en Hollande, à New York, en France, à Marseille et à Paris. Il fait des mosaïques murales pour Pebeo à Marseille, une fresque en ciment coloré de 60 m2 pour le groupe scolaire Vaucanson à Paris, un sol en ciment coloré pour un groupe scolaire de Champs-sur-Marne, une peinture murale pour l’hôtel des Postes de Vichy,  une mosaïque pour le centre thermal.

En 2002, une exposition lui est consacrée à la Citadelle de Belle-île-en-mer pendant 6 mois.

De la Nature, arbres, oliviers, collines, falaise et mer, à la Ville et au Portrait, il déstructure les lignes et cherche la lumière.

De magnifiques dessins à l’encre et des gouaches légères et profondes accompagnent son travail à l’huile.

 

Après l’exposition du Festival d’Automne, la commune de Crécy-la-Chapelle a acquis pour enrichir son patrimoine, une œuvre de Gérard Altmann, huile sur toile de Belle-île-en-Mer, que nous pouvons admirer dans la salle de justice de l’hôtel de ville, face à une toile d’Alexandre Altmann, créant ainsi une continuité dans l’esprit  culturel de la commune.

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      - Seine-et-Marne -

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